La jeune mendiante roumaine vient d'être opérée en Suisse. Une prouesse médicale
Elle marche! A force de persévérance et grâce à la générosité de donateurs et de professionnels de la médecine, Jean-Marc Tonus a réalisé le rêve de Francesca. La mendiante rom de 27 ans, devenue un personnage remarqué dans les rues de Genève, a subi le 22 avril une intervention dans un hôpital suisse. Durant cinq heures, deux chirurgiens ont oeuvré bénévolement pour réparer ses jambes, déformées depuis sa naissance. «Cette opération est une première mondiale sur un adulte», se réjouit l'ex-champion du monde de full-contact.
Dès son réveil, Francesca a soulevé le drap et regardé bouger ses orteils. «Son visage s'est illuminé. Et, lorsqu'on a compris que l'irrigation s'effectuait jusqu'au bout des pieds, on a su que c'était gagné», jubile Cédric Bagnoud, commercial chez Stryker. Cette entreprise spécialisée dans les prothèses a offert les implants nécessaires à la prouesse orthopédique, dont le détail sera publié dans de prestigieuses revues médicales.
L'aventure avait débuté après un article du «Matin Bleu», paru le 14 avril 2008. Emu par le destin de la jeune handicapée qui mendiait dans les rues de Genève, Jean-Marc Tonus avait organisé un dîner de soutien en juin. Une récolte de fonds et des consultations chez les médecins avaient suivi.
Francesca devra apprendre à marcher, comme un enfant. «Son centre de l'équilibre doit s'adapter au fait d'être debout, précise Jean-Marc Tonus. Mais elle se lève déjà deux fois par jour, avec l'aide du kiné.» Lorsque les risques d'infection seront écartés, il faudra une longue rééducation. Et après? Le frère de la jeune femme cherche du travail en Suisse en tant que palefrenier, ce qui ravit Jean-Marc Tonus: «Il ne serait pas bon que je les materne toute leur vie!»
Élan de solidarité
L'opération a coûté 150 000 fr. La soirée de gala et les dons avaient permis de récolter 24 000 fr. «L'hôpital m'a demandé un dépôt de 40 000, explique Jean-Marc Tonus. J'ai complété de ma poche.» Mais rien n'aurait été possible sans l'effort des médecins et de l'hôpital: tous ont travaillé bénévolement. Reste désormais la rééducation, qui s'annonce coûteuse...